Une Aventure avec un « A » majuscule, une destinée toujours plus oppressante, sans oublier le lyrisme de la mythologie grecque. Cassandre Lambert excelle dans ce deuxième volet de l’épopée d’Atalante.
Abandonnée à la naissance car elle n’était pas née homme, bénie par des dieux inconstants, élevée par des chasseurs, Atalante sera formée par le précepteur des héros, Chiron, et rencontrera Asclépios, le fils d’Apollon. Après son combat contre le Sanglier de Calydon, son voyage avec Méléagre et la découverte de sa famille biologique, Atalante découvre ce que veut dire être une vraie héroïne. Un final en apothéose laissait Atalante dans la tourmente remettant tout en question. « Entre un monstre et un héros, il n’y a qu’un pas. » Dès les premières pages, nous retrouvons une Atalante désireuse de fuir son présent et son avenir. Le poids de la Moïra, la destinée des Grecs, l’écrase ! Cette force jouera un rôle important dans ce nouvel opus. L’autrice dresse un portrait émotionnel d’une grande justesse, celui d’une Atalante en quête de sécurité. La puissance de la Moïra arrachera bien trop vite notre héroïne à la bienveillance de ses pairs. Atalante se joindra à l’une des plus grandes quêtes de la mythologie, celle de la Toison d’or. Dirigée par un Jason dont le portrait est moins flamboyant que d’habitude, nous suivrons les péripéties des renommés Argonautes. Celles d’Orphée, des jumeaux, Castor et Pollux, sans oublier le célèbre Hercule, héros grossier, brutal et torturé dont le portrait est ambigu. Mais la Moïra est plus forte que tout. Peut-on aller contre sa destinée ? Doit-on lutter si tout est écrit d’avance ? Par les voix d’Asclépios et d’Atalante, Cassandre Lambert nous propose de réfléchir à ces questions. Dans la lignée de l’excellente BD Eurydice de Lou Lubie et Solen Guivre, Cassandre Lambert réinterprète, se sert des blancs, pour nous proposer sa version des mythes. Ce tome des aventures d’Atalante est une pépite féministe, puissant et à lire, bien évidemment !