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« Croc-forêt », un album pour éveiller à la tolérance et à l’écologie

Croc-forêt est un album écrit par Salomé Morilleau paru aux éditions A2MIMO. Hérisson, Hibou, Sanglier, Écureuil et Grizzly décident de se retrouver pour un pique-nique mais un « terrible » monstre les effraie. Le géant n’est en fait qu’un pauvre colosse perdu et démuni face au « vrai » monstre qu’est l’homme qui détruit la nature. Croc-forêt est un album pour éveiller les consciences. L’inconnu peut sembler effrayant et dangereux mais s’avère, ici, très sympathique. Sur fond d’entraide et d’amitié, se cache, tout près de nous, celui dont on ne doit pas prononcer le nom, celui que l’on devrait craindre le plus : l’Homme. Découvrez les avis de deux enseignantes, Katell Carrer (collège Jules Verne, Provins) et Cécile Labard (collège 
Robert Schuman, Amilly), et leurs conseils pour exploiter ce livre en classe. 

 

Tout d’abord, cet album permet de mieux appréhender l’autre et nous apprend à mettre de côté les a priori. Ensuite, il transmet un message de tolérance mais également un message écologique. En effet, la chute de l’histoire avec la déforestation permet de mieux comprendre que le vrai monstre n’est pas toujours celui que l’on croit. Enfin, un esprit d’entraide et de solidarité se met en place entre nos six protagonistes. 

En maternelle et en primaire on peut étudier cet album lors d’une séquence sur le conte ou la fable car il rejoint des caractéristiques du genre. Autour de la compétence d’écriture, il est possible de faire un poème avec une anaphore sur « si j’avais su …. je n’aurais pas/ j’aurais… », autour du thème du respect de la nature. De plus, on peut faire écrire un poème qui commence par « C’est le retour de la belle saison » et y ajouter, tous les changements qui se passent au printemps. Enfin, autour des qualités et défauts on peut imaginer créer une liste des qualités et défauts des élèves et comme à la page 23 pour travailler sur le vocabulaire. 

En 6e, cet album peut être étudié dans le cadre d’une séquence sur le monstre. Pour étudier le genre épistolaire, on peut écrire une lettre où les animaux se mobilisent contre la destruction de leur forêt auprès d’une instance de proximité comme la mairie. D’autre part, on peut écrire une lettre à notre « moi » du futur et proposer des projections sur ce que l’on aimerait voir comme amélioration pour notre planète et les gestes que l’on serait prêt à faire pour la préserver. 

 

Les pistes d'exploitation de Cécile Labard (collège Robert Schuman, Amilly)

Pour les élèves de maternelle, les illustrations, très colorées, naïves et dynamiques sont très attractives et peuvent donner lieu à des activités créatrices diverses (dessiner un autre animal de la forêt « à la manière » de l'illustratrice par exemple). Elles me semblent convenir aux moyenne et grande sections. L’histoire est intéressante et peut donner lieu à des prises de parole et des échanges autour de l'amitié, les apparences, la peur de ce que l'on ne connaît pas, de « l'étranger », la déforestation, la mainmise de l'homme sur la nature et les problèmes que cela entraîne sur la faune, la flore, la biodiversité... (moyenne section, grande section…).

Le texte, parfois très exigeant, et le nombre de mots compliqués me paraît être un frein à son utilisation en maternelle (« furibond, brouhaha, colosse, baluchon, disette, se carapater, se hâter » sont des termes complexes, non connus et dont la signification est impossible à deviner par le biais des illustrations ou par des jeux de ressemblance lexicale). En revanche, il peut s'apparenter à un texte résistant dans une classe de CP de bon niveau, ou en CP/CE1 par exemple. Évidemment, ce serait l'enseignant(e) qui lirait l'album aux enfants et proposerait des activités autour de l'enrichissement du vocabulaire et des jeux avec les sons grâce aux rimes.